Le parc national de Kuururjuaq : nature et traditions

Pour ce second volume des aventures #UllukkutNunavik, je vous propose un article pour tout savoir sur le Parc National de Kuururjuaq que j’ai eu la chance de pouvoir explorer pendant trois jours, à motoneige, en raquettes, à ski de fond et à pieds. Après le premier papier sur les Nuits d’Aurore(s), voici venu le temps de la découverte d’un endroit méconnu, peu accessible mais qui réserve monts et merveilles aux courageux

Kuururjuak : Nature et Traditions

Il est virtuellement impossible de vouloir se rendre au Nunavik par hasard. Parmi tous ceux qui s’y trouvent, chacun possède sa raison intime et personnelle d’entreprendre un tel périple dans les confins glacés du Grand Nord québécois. Ici, c’est un photographe qui veut immortaliser les eaux gelées. Là, un amateur de grands espaces vierges qui fantasme à l’idée de pouvoir skier dans une solitude (quasi) absolue. A côté, c’est un journaliste qui veut écrire le papier de sa vie. Les motifs se croisent et se recroisent, tous aussi légitimés les uns que les autres avec, en ligne de mire, un objectif : s’immerger et faire corps avec une nature intransigeante.

Dans le cadre d’un tel voyage, chaque Parc National du Territoire offre ses particularités propres. En ce qui concerne Kuururjuaq, c’est une thématique à double visage qui semble se dégager avec l’Humain et la Nature. L’humain car le parc est traversé par la rivière Koroc, l’une des voies de migration ancestrale du peuple Inuit et, d’autre part, parce que votre incursion va être accompagnée par des locaux, les meilleurs connaisseurs qui soient. Quant à la nature, nul besoin d’en dire beaucoup plus quand les photos parlent d’elles-même !

Comment se rendre au Parc national de Kuururjuaq ?

Autant vous le dire de suite : aller au Nunavik est une sacrée expérience aussi étonnante qu’onéreuse. En effet, à partir de Montréal, Québec ou Ottawa, il vous faudra impérativement passer par Kuujjuaq (la plus grande communauté du Nunavik) avant de prendre un second vol à destination de Kangiqsualujjuaq, une communauté de 700 habitants sise à l’entrée de Kuururjuaq (nom qui signifie, soit dit en passant « grand lit de rivière » ou « étroite vallée sans rivière » en inuktikut). Ces vols internes sont fournis par deux compagnies : Air Inuit et First Air. Il est possible – en été seulement – de vous faire déposer directement dans le parc, sur deux sites distincts. Vous pouvez retrouver toutes ces informations détaillées sur la page dédiée du site officiel. Sachez seulement que l’arrivée dans les différentes communautés, dans de minuscules aéroports après un vol passé juste derrière le cockpit, constitue une expérience des plus mémorables !

Sachez également que si vous voulez faire au plus simple – et si vous en avez les moyens – il est possible de déléguer l’organisation de votre périple aux équipes de Park Nunavik qui, pour un prix allant de 1700 à 6000 C$ (TTC – hors taxe – au départ de Kangiqsualujjuaq OU Montréal), prend tout en main avec des packages axés sur le trekking, la randonnée ou les sports nautiques selon la saison et les conditions.

Dormir dans le Parc National de Kuururjuaq

Il est fort à parier que vous allez passer plusieurs nuits dans le Parc National (le contraire serait d’ailleurs désolant étant donné les temps de transport nécessaire pour aller d’un point à un autre…). Si tel est bien le cas, fort est à parier (derechef) que vous dormirez dans LE camp prévu à cet effet ainsi qu’en camping. Voici donc à quoi vous attendre , d’après ma propre expérience !

Pour commencer, imaginez que soyez au milieu de nulle part. Tout autour de vous est d’une blancheur immaculée. Le ciel est pur et bleu. L’horizon est dégagé. Cela fait deux jours que vous avez quitté toute trace de civilisation et vous ne comptez pas en voir avant encore une grosse période. Tout d’un coup, au détour d’un virage, une bâtisse se dessine au loin, solitaire et abandonnée : LE CAMP AMÉNAGÉ DU SECTEUR DE LA CHUTE KORLUKTOK.

Honnêtement, j’ai presque été choqué de trouver un bâtiment d’une telle qualité dans un endroit aussi reculé. A l’intérieur, tout n’est que luxe et on y trouve deux chambres privées (avec 1 lit simple et 1 lit double superposés), un espace dortoir avec 5 lits superposés, deux douches avec sac solaire, un espace de cuisine et de détente avec un poêle fonctionnant au diésel. La cuisine comprend un réfrigérateur, un four et poêle au propane, des tables et des chaises. La plupart des équipements fonctionnent avec énergie solaire. Les toilettes sont à l’extérieur du bâtiment, le tout pour une capacité d’accueil de 16 personnes, avec des périodes d’ouverture estivales (de juin à mi-septembre) ET hivernales (de fin février à début avril, en fonction de la météo).

Si vous désirez y dormir, les prix vont de 113$ canadiens pour le dortoir à 195$ pour la chambre privée (par personne, pour un jour et une nuit). Les réservations sont très fortement conseillées, plusieurs semaines à l’avance. Si vous préférez  le camping, le total revient beaucoup moins cher puisqu’une famille (deux adultes et deux enfants) ne devra s’acquitter que de 39$ pour une nuit. Le prix pour un adulte étant de 21$ par nuit, à compléter avec le droit d’accès.

Le camping, justement, constitue l’autre option que j’ai eu le bonheur de tester avec, pour toute couchette, un sol revêtu d’aiguilles de pins : un bonheur indescriptible et l’une des plus belles nuits de ma vie. En effet, quoi de mieux que dormir non loin d’un poêle bien chaud, après une soirée passée à écouter un elder inuit raconter des légendes locales, le tout entrecoupé par des sorties pour admirer les aurores ?

Que faire au Parc national de Kuururjuaq ?

A une question aussi rhétorique, la réponse ne peut être qu’évidente : PRO-FI-TER. Être dans un tel milieu, avoir l’occasion de vivre de telles expériences et ne pas pouvoir en tirer profit serait presque un crime. En effet, que de possibilités offertes par le Parc national de Kuururjuaq ! Pendant le (court) laps de temps où j’ai pu y être, j’ai pu skier, me balader, admirer des aurores, gravir des montagnes, marcher en raquette, observer les animaux (pour un moment qui m’a marqué d’ailleurs), parler avec les locaux, goûter des reins de lagopèdes crus, faire de la pêche blanche… La liste ne peut être exhaustive tellement les opportunités sont nombreuses et existantes. Pour faire simple, disons que tout est possible dans les limites de votre budget, de votre capacité physique, du respect des règles de sécurité essentielles et des activités autorisées. Sachez cependant qu’il est essentiel de préparer votre séjour en amont en collaboration avec Park Nunavik.

Le mot de la Fin

Un voyage au Nunavik et une aventure dans le Parc National de Kuururjuaq constituent une expérience inoubliable et qui marque – vraiment – ceux qui veulent (et peuvent) le faire. Si le prix d’un tel séjour n’est certes pas donné, l’intensité des moments vécus, le cadre exceptionnel dans lequel il se déroule et la richesse des rencontres humaines font que c’est un investissement remboursé au centuple. Je ne peux donc que recommander de s’offrir un tel séjour tout en remerciant chaleureusement tous ceux avec qui j’ai eu le plaisir de partager ces moments d’exception !

Article précédemment paru sur le site de la Team Givrés. Ce voyage est le fruit d’une collaboration entre la Team Givrés et Tourisme Autochtone Québec et que cela n’influe aucunement sur la production éditoriale dont le contenu n’est dicté que par la force de l’expérience vécue.

Le bord de mer à Fort-Mahon