Paysage wallon

Wallons, enfants de la fratrie !

Des grottes remplies de stalactites, un circuit de formule 1 légendaire, une forteresse perchée sur un éperon rocheux, une mine où l’enfonce sous terre, un musée de la Préhistoire et une balade pieds nus dans une forêt un peu humide. Un plateau battu par les vents, une brasserie, un concert nocturne et des pédalos. Tout ça (et bien plus encore), c’est ce qu’il est possible de faire pendant un voyage au plat pays, entre Han, Bouillon, Spa et Fagnes. Alors installez-vous confortablement et partons, ensemble, en famille, en direction de la Wallonie ! Et n’oubliez pas de bien vérifier la réglementation en vigueur concernant les conditions d’accès aux différents sites présentés dans cet article.

Le #VeryWallonTrip Saison 2

Han, vingt mille lieux sous terre

Les grottes de Han

Imaginez un univers souterrain qui semble avoir été façonné avec douceur, lenteur, où chaque pierre s’imbrique parfaitement à sa place comme dans la plus belle partie de Tetris (©) possible au monde. Imaginez déambuler de salles en salles, dans un enfilement onirique où les lumière se font discrètes, pour mieux éblouir, mettre en valeur, illuminer. Imaginez avancer tout doucement dans une douce pénombre, avec l’étrange rythme des gouttes tombant lentement, lancinement, une par une, créant aujourd’hui les formes des prochains millénaires.

Pour tout cela, nul besoin d’aller à l’autre bout du monde puisque ce spectacle d’une beauté infinie se trouve à Han, en les grottes du même nom. Attraction touristique majeure de la Wallonie, les grottes de Han sont une opportunité magnifique de découvrir une facette méconnue de la région, qui semble avoir été là de toute éternité (et qui sera probablement encore là bien après nous).

En dépit des foules attirées par l’endroit, il suffit de s’attarder un peu, une fois descendu.e.s du train (car oui, on accède aux grottes en prenant un petit train aussi désuet que charmant), pour profiter pleinement de moments de solitude absolument délicieux, pour immortaliser qui cette stalactite, qui cette stalagmite, qui ce bassin où se baignent des salamandres. Le spectacle final (qui ne devrait pas vous laisser de pierre) est la digne apothéose visuelle d’une visite marquante, à la fin de laquelle vous pourrez vous rendre compte que, des fois, ça porte bonheur de marcher dans une grotte du pied gauche !

L'affiche des grottes de Han

Que faire dans le domaine des grottes de Han ?

Parce qu’il n’y a pas que les grottes à visiter, vous pourrez également, durant votre passage, profiter des autres activités possibles : parc animalier, gouffre de Belvaux ou encore Han 1900, le choix est vaste et occupe largement une journée. Vous pourrez même dormir sur place, au Cocoon Village ou dans les Tree Tents. Il est même possible de vous lancer dans une expédition au cœur de la terre, du côté de la grotte Père Noël !

Pour toutes les informations pratiques, direction le site officiel ! En ce qui concerne les tarifs, beaucoup de variantes possibles. Pour la visite seule des Grottes de Han, comptez 23€ par adulte et 17€ par enfant (de 4 à 11 ans, gratuit pour les moins de 4 ans). Tous les détails sont sur la page dédiée.

Bouillon, le roc wallon

Le château fort de Bouillon

Est-ce une tradition wallonne que de construire des forteresses imprenables sur des éperons rocheux ? Je vais bien finir par y croire car après Namur et Dinant, voici qu’entre Bouillon dans la danse ! Roc lui-même bâti sur un autre roc, le château-fort de Bouillon est un immanquable absolu d’un voyage en Wallonie.

Entre le spectacle des rapaces, les déambulations historiques dans les couloirs, les mille et un détail à découvrir au gré des pas, se promener en ce château est une expérience forte : j’ai retrouvé les même sensations de plaisir, le même petit bonheur subtil que lors de ma toute première fois en ces lieux, dans les premières années du vingtième-et-unième siècle. Rien ne semblait avoir changé dans ce mastodonte granitique à la présence immuable.

Cependant, on ne fait pas que visiter, ici : on admire (le spectacle du vol des rapaces), on se perd (dans le dédale), on déambule, on grimpe, on descend, on écoute, on file et se faufile, on se glisse, on tend l’oreille et on ouvre grand les yeux. Plus qu’une simple contemplation, on fait véritablement corps avec le château, pour mieux le comprendre, l’appréhender, le faire sien.

Les informations pratiques sur le château-fort de Bouillon

Le château est aisément accessible, que ce soit à pied ou en voiture (le parking constitue d’ailleurs un spot de pique-nique parfait avec une vue immanquable sur la ville). Les tarifs d’entrée commencent à 4€50 (enfant de 4 à 12 ans) à 7€ (adultes) et varient selon ce que vous fassiez une visite nocturne aux flambeaux (9,50€), en groupe, de nuit. Le spectacle de fauconnerie a lieu du 1er mars au 11 novembre. Vérifiez le planning pour voir quelles expositions temporaires ont lieu durant votre passage !

Toutes les informations et réservations via le site officiel (qui est un peu fouillis).

La ville de Bouillon

Au milieu coule donc une rivière, paisible et sinueuse, faisant quasiment office de rue principale. Encadrée par des berges où il fait bon se promener, écouter des concerts impromptus ou manger sur le pouce, la Semois est l’artère aquatique centrale de Bouillon, celle qui divise autant qu’elle englobe la ville.

Ici, nul besoin de voiture pour se promener. Il n’y qu’à marcher doucement, à son rythme, suivant le courant sans courir. Le pas se fait léger, d’un pont à un autre. Quelques drôles de bateaux vont et viennent sur les flots pétueux et invitent à se risquer à ce drôle d’exercice qu’est la navigation sur un pédalo en forme de flamand rose (le rêve de toute une vie).

Et puis, il y a Bouillon la nuit. Je me souviens encore de cette promenade familiale, après notre riche repas. Dans l’air s’élevaient les notes d’un saxo solitaire tandis que se reflétaient, sur la Sémois, les lumières nocturnes de la ville illuminée. L’eau devient miroir de ces lueurs mouvantes, instables, fugitives. Nous marchons doucement, tantôt suivis, tantôt poursuivis par nos bipèdes de galopins, heureux de saisir à pleines dents ce petit moment d’éternité éphémère, cette petite bulle estivale wallonne.

Où dormir et manger à Bouillon ?

Nous avons dormi à l’Auberge d’Alsace, un hôtel situé sur les bords de la Samois. Un charme désuet délicieux, venu d’un autre temps mais qui fait très bien son boulot. Nous avons mangé dans le restaurant dudit hôtel, avec une cuisine traditionnelle et généreuse qui remplit le ventre. Parfait pour une famille ! Pour les tarifs, réservations et autres, c’est de par ici.

Direction l’espace à l’Eurospace Center

« Vérification des propulseurs. Vérification du verrouillage du sas. Compte à rebours enclenché, décollage dans 5, 4, 3, 2, 1… Allumage des rétrofusées : direction l’espace ! »

Un rêve d’explorations spatiales ? Non, simplement le retour d’expérience d’une activité possible à l’Eurospace Center, un endroit génial dédié à l’espace, aux fusées, au système solaire (et à bien plus encore) où il est possible, donc, de faire décoller des fusées mais également de découvrir la marche en apesanteur version VR, de survoler des planètes inconnues, de tenter de survivre à un entraînement de cosmonaute…

En VR à l'eurospace center

Pour la petite histoire, je garde un souvenir personnel très fort de ce lieu puisque j’avais eu le plaisir d’y travailler pendant une semaine, avec deux classes rémoises que j’encadrais le temps d’un séjour de découverte de la Wallonie. C’est d’ailleurs pendant ce même séjour que j’ai rencontré le légendaire Georginou qui, après être devenu un ami proche, est quelques années plus tard, venu me voir au fin fond du Canada ! Ce séjour était de par ailleurs – et autant que je puisse m’en souvenir – la toute première fois que je venais en Wallonie. Il était donc écrit que je dusse y revenir…

Parés au décollage à l'eurospace center

Infos pratiques sur l’EuroSpace Center

Vous trouverez absolument tout ce dont vous avez besoin : parking (gratuit), restaurant, aire de jeux extérieure, café et magasins. Pour la journée, un forfait « La journée du spationaute » est proposé et qui permet de faire plein, plein de choses, avec pas moins de neuf activités à faire, en libre accès (et sur une durée conseillée de 5 heures). Au programme, space tour, mars and moon walk, free fall slide, space flight unit… avec une seule condition de taille : il faut mesure au moins 1 mètre 10. Comptez 29€ par adulte et 25€ par enfant (gratuit en-dessous de ladite taille). Et économisez deux euros en réservant depuis le site officiel !

Avoir bonne mine à Bligny

Jadis mine de charbon et aujourd’hui mine de rien, Blegny est une visite incontournable pour le fana du patrimoine industriel que je suis. Il faut dire aussi que je les adore, ces anciennes mines remises au goût du jour, laissées dans leur jus et où on a l’impression réelle et véritable d’apprendre, de comprendre, de savoir. Je les cherche, je les traque, je cours après elles, que ce soit du côté de Lens, sur des terrils, au fin fond de la Moravie ou même à Douai.

Du coup, quand nous sommes arrivés sur le site de Blegny, dernière visite programmée d’une longue journée, j’ai su que ça allait être exceptionnel : nous étions les seuls visiteurs restants et avons eu la chance d’avoir un guide rien que pour notre petite cellule familiale. Et parlons-en, de ce guide : érudit, passionné, fin et adapté aux enfants, la blague à la bouche et dont l’envie de partager suintant par chacun des pores de sa peau. On l’a suivi sur ses propres pas, à travers les bâtiments, sous la terre, dans l’ascenseur, avec nos tenues et nos casques. Et il en avait, des choses à raconter, André : anecdotes, récits, Histoire et histoires de la mine, il nous a tenu en haleine, passionnant et passionné de A à Z.

Bref, nous avons vécu un moment hors du temps, en ce lieu inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, dont je recommande, évidemment et objectivement, très, très fortement la visite !

Les infos pratiques

Beaucoup d’options possibles pour visiter la mine, selon que vous soyez en groupe, seul.e, en famille, que vous vouliez faire un tour complet (avec le train et la découverte du biotope du terril) ou « simplement » explorer la mine avec un guide. Il existe notamment une formule famille, assez chouette, qui regroupe la visite guidée de la mine, l’exposition permanente et la découverte du biotope, en quatre heures.

Pour tout savoir, filez sur le site officiel, d’où vous pourrez également réserver vos billets !

Spa, à toute vitesse

Un circuit de légende, dont la seule évocation fait saliver les amateurs de course automobile : Spa Francorchamps est un des fleurons de l’Histoire de la Formule 1, aux côtés d’autres mastodontes tels que le Nürburgring, Immola ou encore Silverstone. Dès lors, avec la passion familialement transmise d’un grand-père à son petit-fils, il était logique que nous fassions étape en cette charmante bourgade pour aller y visiter le musée (à défaut d’aller courir sur ledit circuit) !

Le musée du circuit Spa Francorchamps

Sis dans le cadre absolument magnifique de l’Abbaye de Stavelot, le musée du circuit Spa Francorchamp retrace l’histoire du circuit, au travers de nombreuses voitures d’exception, de motos, de portraits de pilotes et de moult panneaux explicatifs. Une ligne du temps permet d’englober, d’un seul tenant, la longue et riche succession d’évènements s’étant passés sur le goudron local. Très visuel, assez riche en contenu, on peut également tenter l’expérience virtuelle avec le simulateur de conduite (ou, à défaut, se rabattre sur les consoles où tournent quelques jeux de courses, bien entendu).

L’abbaye de Stavelot

Aux côtés du musée du circuit, se trouvent deux autres musées, qui valent tout autant le détour par le site : le musée historique de la Principauté de Stavelot-Malmedy et le musée de Guillaume Apollinaire. Le premier, comme l’indique son nom, est consacré à la principauté sus-citée, principauté qui « exerça son influence économique, politique, religieuse et artistique sur un vaste territoire dépassant largement les frontières de la Belgique, de la Loire à l’Empire germanique« . Le second, tout aussi surprenant, met en valeur Guillaume Apollinaire, l’immortel auteur d’Alcools et Caligrammes, décédé en 1918 de la grippe espagnole. On y découvre des versants inattendus de sa courte existence avec, en exergue, l’été 1899 qui le vit découvrir Spa, expérience qui a notablement marqué son œuvre naissante.

Les infos pratiques pour une visite

Très simple : faites un ALL-IN avec un tarif groupé de 10€ pour les trois musées (tarif adulte, 8€50 pour les 6-18 ans et gratuit en-dessous de 6 ans). N’hésitez pas à acheter un carnet (1€) spécialement dédié aux enfants, pour donner un chouette côté ludique à la visite !

Infos et réservations

Où manger à Spa ?

Attention, une adresse d’exception vraiment, vraiment géniale : L’épicurieux. Dans un cadre atypique, un peu excentré par rapport à la ville, un peu épicerie fine, un peu dégustation, pas mal de saison et définitivement un gros coup de cœur. Le menu change très souvent donc le plus simple est d’aller sur la page officielle pour savoir ce qui attend vos papilles mais, faites-moi confiance, vous pouvez y aller les yeux fermés !

Pieds nus dans la Préhistoire

Faire un parcours pieds nus, un matin brumeux et humide, quelque part dans un Prehistomuseum, non loin de la Meuse et de Liège ? Enchaîner avec une plongée dans les strates du temps, la visite (quasi) spéléologique d’une caverne puis aller chasser le mammouth à la sagaie avant de se prendre pour Katniss Everdeen, arc en bandoulière, dans la forêt ? Le tout en ayant tout ce qu’il fallait savoir sur la Préhistoire ?

Et bien OUI (un oui franc, massif et majuscule), saupoudré de OUI et teinté de OUI car au Prehistomuseum, c’est tout cela qui vous attend : une expérience absolument formidable, qui occupe allègrement une journée entière tellement on ne voit pas le temps (réel) passer, tellement plongés dans le temps (historique) nous sommes. Pendant toute notre présence sur place, de tôt le matin jusqu’à la toute fin d’après-midi, ce ne furent que sourires sur les visages, faciès de surprises, stimulations sensorielles et une soif de savoir qui semblait ne jamais s’arrêter. Même les généreuses gouttes des averses wallonnes ne purent nous empêcher de vouloir tout voir, tout faire (ce que nous arrivâmes presque à faire).

Et pourtant, c’est rare qu’un musée fasse l’unanimité familiale : nos goûts, avis et envies divergent forcément selon nos attentes, humeurs et appréhensions. Mais là, dans ce petit coin de Wallonie, tout était parfait, de l’accueil au restaurant en passant par les interactions avec les différent.e.s animateur.trices du lieu, passioné.e.s et passionnant.e.s. Voir Pitchoune toute fière d’avoir mis sa flèche dans le centre, observer Fils tenter de faire pareil, nous prendre nous-même au(x) jeu(x) : ce fut un moment intense et beau, qui a marqué durablement notre histoire personnelle.

Du coup, j’insiste vraiment : allez-y, vous ne le regretterez vraiment (mais vraiment) pas !

Infos pratiques sur le Prehistomuseum

Petit point essentiel avant de commencer : prévoyez large. Très large : une journée me parait être une durée acceptable pour profiter à fond de tout. De plus, et contrairement à d’autres lieux du même acabit, le restaurant du coin, l’Archéobistrot, est très, très correct (voire même plutôt bon), ce qui fait que vous n’avez pas besoin de quitter les lieux pour manger.

Le site officiel comporte toutes les informations essentielles. Notez que le Prehistomusuem est ouvert tous les jours durant les vacances scolaires nationales (donc belges), ferme les lundis (pour les visites individuelles mais accueille les visites de groupe sur réservation).

Pour ce qui est des tarifs (la réservation est obligatoire) : 15€ par adulte, 9€ par enfant (de 3 à 12 ans). Réduction « tribu » de 10% dès 4 personnes.

Se mettre la pression dans les Hautes Fagnes

C’est un plateau haut-perché, qui fait mentir la réputation du plat pays, tant vanté de par chez nous. Sur ce plateau haut-perché, perdu dans l’immensité sauvage, balayé par les vents et mouillé par la drache wallonne, se découpe le Signal de Botranges, le plus haut point de Belgique (à 694 mètres d’altitude) . Ici et là partent quelques sentiers, invitant à randonner, explorer, marcher. Plus loin, dans la brume, Tout cela, ce sont les Hautes Fagnes, une région  de tourbières, de landes et de forêts, présentant une flore et une faune assez exceptionnelles liées au climat froid et humide. Et c’est là que se trouve LA brasserie à ne pas manquer dans la région : Peak Beer !

Isolée de tout, reliée intimement à la nature, idéalisée en 2016, cette brasserie produit quatre bières belges autant d’altitude que d’exception, qu’il vous faudra impérativement goûter (avec modération et si vous en avez l’envie, évidemment), que ce soit après une visite de ladite brasserie (passionnante, soit dit en passant) ou pendant un repas en les lieux, d’où la vue est de par ailleurs magnifique (lorsque le panorama est dégagé).

Je regrette que la météo ne fut pas de notre côté ce jour-là car nous ne pûmes autant explorer que nous le voulions. Les enfants ont pu profiter de la chouette aire de jeu sise à côté de la brasserie tandis que j’ai noyé mon chagrin dans une belle tartine légèrement aromatisée au jus de houblon. Et c’est avec une caisse dans le coffre et des envies de retour que nous avons continué l’aventure.

Tout savoir sur la brasserie Peak Beer

Le site officiel de la Brasserie Peak Beer regroupe tout ce que vous avez besoin de savoir pour déguster, visiter et réserver. Comptez 15€ pour manger sur place (planche ou flampeak). Quatre balades spécialement aménagées sont proposées aux alentours immédiats, pour vous aérer et découvrir les Hautes Flagnes.

Instantanés wallons

Pris ici et là, au gré de la route. Pas de mots, que des photos : des instantanés wallons !

Cet article fait suite à la saison 2 de la série #VeryWallonTrip, réalisée en aout 2019 et organisée avec le soutien logistique de Wallonie Belgique Tourisme que je remercie fortement. Le contenu éditorial n’en reste cependant pas moins indépendant et soumis à ma seule volonté.

Le bord de mer à Fort-Mahon