Désolé de vous envahir mais je tenais à vous signaler que la boutique est ouverte :)
Le quartier Saint Leu à Amiens

Une balade à Amiens

Connaissez-vous Amiens ?

Presqu’un an après notre installation dans la Somme (suite à un déménagement homérique pour quitter Paris), voici donc venu le temps de vous raconter, de vous narrer, de vous embarquer à mes côtés pour une première découverte de la capitale picarde. Pas (ou vraiment peu) de bons plans, de guide pratique ou de conseils : simplement une longue promenade textuelle et photographiques à mes côtés, entre ici et là. Asseyez-vous, buvez ce que bon vous semble et nous voici partis !

La Tour Perret, là où tout débute

Si vous êtes, comme nous ici, sans voitures, tentant de privilégier le train pour vos déplacements – autant que faire se peut – fortes sont les chances que votre découverte d’Amiens commence par une arrivée à la gare locale. Celle-ci n’aurait rien de remarquable si elle n’était sise au pied du plus fameux building de la ville – voire même de la région : la Tour Perret. Immense immeuble construit entre 1949 et 1952, c’est LE repère à toujours garder au coin de l’œil pour ne jamais se perdre. Cela est d’autant plus vrai que sa proximité immédiate avec la Gare ET avec le centre-ville en font le point de départ idéal pour découvrir le centre-ville d’Amiens, d’autant plus que la zone est piétonne. En sortant de la gare et après avoir laissé derrière la verrière et ses bambous (et en attendant le poulpo-kraken julevernien), vous n’avez qu’à aller toujours tout droit.

La tour Perret et la verrière de la gare d'Amiens

Ce que j’aime particulièrement, avec cette Tour, c’est qu’elle est un peu coquine, un peu taquine. Passons donc outre le fait de ne pas pouvoir la visiter (à moins de vouloir y dormir en louant un appartement) pour nous concentrer sur autre chose : son admirable capacité à pouvoir se cacher dès le brouillard vient pointer le bout de son nez. Par moments, je retrouve là le même plaisir que j’avais à Paris à observer la Tour Eiffel depuis la fenêtre de la chambre : un coup t’y es, un coup t’y es plus, comme une sorte de « caché-coucou » grandeur nature. Quand cela arrive (et cela arrive assez fréquemment dans le coin), c’en est presque surréaliste. Mais où est donc passé ce mastodonte de béton, dont l’horloge au sommet indique charitablement heures et messages de confinement ? Au gré des nuages qui s’effilochent, on devine des lignes, des fenêtres à moitié dessinées. On se prend à essayer de la voir, à peine esquissée, sachant qu’elle est là mais jouant à « Et si… ».

La tour perret dans le brouillard

Mais il n’y pas que ça : la Tour Perret est aussi (et surtout, en fait) un sujet photographique de premier ordre. Que ce soit à bout de zoom depuis le jardin, en vadrouille avec un vieil argentique déniché à la rederie du coin ou encore de très loin, je prends un plaisir fou à tenter, expérimenter, shooter encore et encore pour tenter de trouver son meilleur angle. C’est un régal que de s’amuser avec elle, qui est toujours si ponctuelle, si polie, si présente !

(Voici venu) le temps de la Cathédrale

Elle est peut-être (et surement) plus fameuse que ma tour adorée. Véritable attraction touristique, but de bien des déplacements touristiques, cette vieille dame de 800 ans est un immanquable absolu de tout voyage à Amiens. Il faut dire aussi qu’elle le mérite, entre les spectacles projetés sur sa façade, ses copies en carton qui s’envolent pendant la tempête ou encore ces enfants qui déambulent en son labyrinthe. Vous l’aurez compris, je parle bien sur de la Cathédrale d’Amiens, gothique en majesté (et restaurée par Viollet-le-Duc).

La cathédrale d'Amiens

J’adore (vraiment, vraiment, vraiment) venir la voir, la saluer en coup de vent. Avec sa vaste esplanade piétonne, sa proximité avec les rues commerçantes et tous les jardins situés aux alentours, c’est une halte idéale pour se reposer, se fasciner (ou se mettre en règle avec le Bon Dieu, chacun son truc). De plus, soyons honnêtes : elle est franchement belle. Pas lourde pour un sou et plutôt équilibrée, elle accroche l’œil et donne envie d’en voir plus. L’intérieur, grâce aux vitraux, offre d’assez beaux jeux de lumières (mais avec les travaux en cours depuis un bout de temps, c’est compliqué de l’explorer intégralement. Soyons patients).

En plus, il y a un truc très sympa qui est organisé sur son parvis chaque année, au moment de l’année où le soleil brille et les nuits s’écourtent : Chroma. Pour faire simple, c’est une projection d’une vingtaine de minutes en son et lumières d’une beauté assez folle. Visuellement, c’est magnifique (et à photographier, c’est un régal). Je ne sais pas si les bâtisseurs de la cathédrale avait prévu qu’icelle soit utilisée comme un écran dans leur cahier des charges mais, qu’ils soient rassurés : la mission est bien plus que remplie !

Et, en somme, voici la Somme

Et si, au milieu coule une rivière, ici, à Amiens, nous avons la Somme ! Bien qu’elle ne soit pas celle de toutes les peurs ni celle du résultat d’une opération, cela ne l’empêche pas de sinuer bien paisiblement et de se la couler douce en toutes circonstances.

De Saint-Leu…

La somme à Amiens

Se balader sur ses bords, c’est aller à la rencontre d’une Amiens (presque) fluviale, très calme, où l’on trouve, au gré des pas, d’immenses parcs, de charmantes maisonnettes, quelques ponts et passerelles (dont certains en construction), des restaurants du meilleur aloi. A un jet de pierre de la cathédrale, par exemple, nous voici plongés dans le quartier Saint-Leu : lieu de festivités étudiantes nocturnes légendaires (au grand dam des habitants, semble-t-il) mais qui est d’une tranquillité presque aberrante en pleine journée. Cette dualité, au sein de ce quartier, est assez étonnante. J’adore m’y balader et photographier les milles et un petits détails qui se devinent au gré des places et des ruelles pavées (ce qui en fait un enfer pour les trottinettes, d’ailleurs). On trouve pêle-mêle, des jardins, du street-art, des passerelles, des arbres démesurés, des écoles, des glaciers et autres lieux de débauches qui vont de 3 à 99 ans.

Au chemin de halage…

Si vous décidez de longer la Somme (sur sa rive gauche, en regardant vers l’ouest), vous ne pourrez pas le manquer : le chemin de halage. S’il servait précédemment à haler, comme son nom l’indique, il sert désormais beaucoup plus à aller (et loin, en l’occurrence). Rien de compliqué : il suffit de marcher toujours tout droit, sans jamais vous arrêter (sauf quand vous arrivez à la mer, en fait), en faisant attention aux vélos et autres compagnons de balade. Le spectacle est charmant, bucolique, dépaysant, reposant, relaxant : la première fois que je m’y suis aventuré, j’ai gardé les yeux écarquillés de bonheur pendant toute la bonne heure qu’a duré ce premier contact. Les familles ne s’y trompe pas, d’ailleurs et sont nombreuses à profiter de ces attraits en toute saison, y compris même pendant les chutes de neige qui transforment totalement le paysage.

Au fur et à mesure de vos pas, le paysage change doucement. La première partie est encore relativement habitée, avec ses maisons que l’on rejoint en passant sur des passerelles antédiluviennes. Puis, plus loin, apparaissent les Hortillonnages, un ensemble de jardins flottants répartis sur soixante-cinq kilomètres de canaux. La symbiose entre occupation humaine, respect de la nature et développement d’un cadre patrimonial unique est ici parfaite. On contemple sans envahir, on regarde sans trop observer, on apprend sans envahir. On devine une implantation assez ancienne et les quelques panneaux répartis avec sagacité sur le parcours aident à mieux saisir le lien profond qui unit la Somme et Amiens. Si vous avez l’occasion de vous promener par là, ne faites pas comme moi au début : n’hésitez pas à profiter des ouvertures qui se dessinent des fois et empruntez tout ce que vous avez le droit d’emprunter, le spectacle en vaut la chandelle !

Et via le festival des Hortillonnages !

Nous ne le connaissions pas, nous n’en avions pas entendu parler mais dès que nous l’avons découvert, nous avons foncé : c’est le Festival International de Jardins, qui se tient dans les Hortillonages. L’édition 2020 a donc été une première pour nous et, en toute objectivité, une première géniale puisque le concept consiste à louer une barque (motorisée) et à se promener tout au long d’un parcours artistique composé d’une trentaine d’œuvres. Il devient ainsi possible de découvrir d’un nouvel œil tout l’univers des hortillonnages, en abordant des iles d’habitude inaccessibles. Cerise sur le gâteau (déjà copieux) : le génie avéré de certain.e.s artistes à créer des univers totalement déjantés. Entre un hôtel pour oiseaux, un trésor enfoui dans la terre à côté d’une épave de bateau ou encore cette mystérieuse cabine téléphonique, les enfants ET les adultes sont tombés sous le charme, tout simplement.

Amiens vaut mieux que deux (et vous l’aurez)

Une fois sortis de ce trio classique, que reste-t’il donc à photographier à Amiens ?

Beaucoup, beaucoup de choses. Amiens est une ville qui réclame de la curiosité et une vraie volonté d’aller au-delà de certains clichés, de certains aspects. C’est en faisant preuve de cette curiosité, de ce goût de l’exploration urbaine balisée et apaisée, que j’ai découvert bien des secrets de la cité picarde. Telle église, telle tour, tel cimetière, telle petite ruelle et ainsi de suite. Après une année de vie ici, les habitudes sont ancrées et entrées et j’ai mes chemins de prédilections, mes itinéraires de traverse, mes adresses recommandées et mes coins abhorrées.

Ceci est bien un abat-jour d'Amiens

Depuis notre arrivée, nous sommes montés au Beffroi (où j’ai pu tester mon objectif soviétique, j’en raconterais l’histoire bientôt), avons écouté des concerts de cornemuse, marché sous des parapluies et des abat-jours, goûté des fromages extraordinaires et bu des bières merveilleuses.

Des surprises, encore des surprises : l’œil acéré d’un flamant, un cimetière militaire caché derrière un cimetière civil, des marais (certes empoubellisé) où nichent moults oiseaux, un jardin archéologique.

Et puis, même lorsque le temps n’est pas à la rigolade, qu’il fasse moche, gris, pluvieux, l’on sait toujours (ou alors pas du tout) ce qui arrive après !

Alors, Amiens, ça vous dit ?

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